La vallée de Fergana (ou Ferghana), environ 300 km de long sur 100 de large à l'extrême Est du pays, encaissées dans des montagnes qui lui procurent toute l'eau nécessaire, et traversée en son milieu par le Syr Daria, est l'une des régions les plus riches de l'Asie centrale. Elle fut de tout temps un centre religieux important- c'est toujours le cas - aussi bien qu'un nœud économique incontournable. Elle fut un carrefour essentiel sur les routes de la soie, recevant les caravanes en provenance de Kashgar, aujourd'hui dans la toujours turcophone province chinoise du Xinjiang. C'est pour obtenir les chevaux du Fergana, les « Chevaux célestes », qu'un général chinois finira par convaincre l'empereur de laisser exporter la soie, ouvrant ainsi les fameuses routes. La grande ville de la vallée fut Margilan avant d'être supplantée en 1876 par la création, à quelques kilomètres de là, de la ville de Fergana, du même nom que la vallée. C'est une grande ville jardin dont on dit que les arbres sont plus nombreux que les habitants (200 000), ce qui est probablement vrai. Margilan possède la plus importante fabrique de soie de l'Asie centrale. Une petite partie de cette soie continue à être traitée de façon traditionnelle. Richtan, quant à elle, perpétue une autre tradition millénaire, celle de la céramique. Autre ville importante : Kokand. Depuis sa fondation au XVIIIe siècle, elle fut l'ennemie de Boukhara et cette dernière eut bien du mal à accepter l'indépendance de la vallée sous la direction du khanat de Kokand. Au XIXe siècle, le khanat dirigé par Khoudayar Khan, dont on peut voir le palais, demandera la protection des Russes, leur fournissant ainsi une carte essentielle dans le « Grand Jeu » et la conquête de l'Asie centrale. Plus tard, Staline partagera la vallée entre l'Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan, ce qui explique les frontières surprenantes qui existent aujourd'hui, même si la majeure partie de la vallée appartient à l'Ouzbékistan.